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Bavarde,
démonstrative, colorée, l'iconologie de Jean François Veillard joue sur
le registre d'une inspiration toujours à la recherche de l'insolite
insolence. Comme dans l'imaginaire de l'enfant, l'assemblage des
éléments épars engendre un microcosme symbolique très personnel. Dans
la série des toiles comme : "Songe de L'ours", "La voiture
de Toto", "Marie Corps Beau"… Il y a tout.
Sensations
agressives, peurs incontrôlables, rires étranges, une gestualité
éloquente et efficace, recherche du plaisir. La réalité se mire dans le
miroir déformant de l'imagination de l'artiste. Ici, tout est possible,
tout est permis. Une fantasmagorie complexe. On descelle des tensions
instinctives personnifiées.
Les scènes se passent dans
l'apesanteur. Les plans se superposent dans l'absence de perspective. La
peinture intéresse l'artiste que dans la mesure où elle obéit le mieux
aux propositions les plus loufoques de son imaginaire et non pas
forcément à une exigence picturale précise. Il n'est pas question pour
lui d'imiter la réalité... Les couleurs les plus folkloriques haussent
les images à un sens symbolique personnel.
L'œil
de l'artiste crée un espace où ses héros et ses héroïnes sont vus à
travers les lentilles grossissantes de son humour. C'est très curieux.
Comme une auréole pleine, parfois transparente, le cercle parfait
apparaît d'une manière récurrente dans plusieurs de ses toiles.
La
série des Portraits paraît travaillée dans de la pâte à modeler.
Leurs joues, contour des yeux, fronts et bouches présentent une certaine
parenté avec les personnages de Raymond Mason. Contrairement à l'artiste
anglais qui privilégie le drame d'une manière radicale,
extraordinairement suggestive, les personnages de Jean François Veillard
sont joyeux. Affublés de signes distinctifs propres, ils nous saluent du
haut de leur tendre originalité. L'un d'entre eux porte un béret,
chemise blanche et veste foncée. Ses pommettes rouges témoignent
probablement de ses heures passées au bistro. Bonnet blanc et maillot
bleu un autre compère de cette galerie de portraits place sa bouille
débonnaire sous notre regard. Un autre chante, ou bien exprime à plein
dents ses émotions. On se croirait sur la place du marché lorsque assis
à une terrasse, on observe amusé tous ces visages si différents qui
défilent, emportant leurs mystères avec eux. Proche de l'humain, la
peinture de Jean François Veillard exalte la plasticité de la vie.
Ileana
CORNEA, critique d'art
Paris
- Avril 2006
La
peinture de Jean François VEILLARD se dynamise et se veut plus proche d'une
certaine réalité picturale. La couleur participe de la tension des
regards et les effets sont accentués par la forme projetée en volumes
modelés, dans une expression empreinte de vie. Chaque
élément participe de l'ensemble et contribue à nous offrir
une peinture particulière, voire unique. Elle est aux limites du touché,
accessible au monde des non-voyants. C'est
une peinture extrêmement tendue vers l'autre, dualité forte entre
le vu et le voyant, le regardé et le regardant. Les personnages nous
questionnent. Un simple regard complice, un mot, les voila sortis du cadre. Ici,
se côtoient la France profonde et l'exotisme dans une même interrogation
sur l'avenir de la peinture.
Rolland SOULES, architecte Juin 1997
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